19 mars 2011
Test écrit #1 : Enslaved Odyssey to the West
Parce qu'il y a des jeux qu'on ne pourra traiter en vidéo comme Alan Wake car ça se vit, ou les jeux DS car on ne peut faire de capture d'écran, nous avons décidé d'ajouter une nouvelle rubrique au blog : les tests écrits. Cependant, nous n'exclurons pas des tests écrits certains eux qui nous ont profondément marqué et pour lesquels nous avons déjà fait une vidéo.
Aujourd'hui, en guise d'amuse-bouche dira-t-on, nous vous proposons de revenir sur Enslaved.
Sorti en catimini fin 2010, Enslaved propose ni plus ni moins qu'une relecture du mythe du Singe Roi (Saiyuki ou Voyage vers l'Occident), conte chinois qui a déjà par le passé inspiré le grand Akira Toriyama lorsqu'il a créé Dragon Ball. Avec ce pot-pourri frappant de Prince of Persia, Uncharted et Ico, Ninja Theory s'inspire des plus grands pour ce voyage vidéo-ludique. Mais le risque à trop singer serait qu'Enslaved tombe dans le « bad Trip ». Alors travail de cochon ou hit magistral ?
Comme vous ne l'aurez sûrement pas compris avec mes mauvais jeux de mot en introduction de ce test, Enslaved nous propose de partager les aventures de Monkey, le personnage mi-homme mi-singe que vous contrôlerez; Trip, une jeune fille que Monkey escorte de force jusqu'à son village natal, et enfin Pigsy, l'homme cochon, qui rejoindra l'équipe au fil de l'aventure.
Le scénario vous propose ainsi de revivre le périple du duo, puis du trio, vers l'Ouest à travers des décors aussi beaux que variés qui retranscrivent à merveille le monde plongé dans le chaos d'Enslaved. Car entre ses robots humanoïdes qui surveillent en permanence la planète et les humains qui sont emmenés de force dans un endroit mystérieux, il est clair qu'il ne fait pas bon vivre à l'époque de Trip et Monkey.
Distillant habillement les éléments de scénarios au travers de flashback ou des discussions entre les différents protagonistes, l'histoire est prenante et tient en haleine jusqu'à la dernière minute du jeu tant le doute et les incompréhensions subsistent. Fait accentué par le fait que rares seront les humains que vous rencontrez, faisant ainsi grandir cette impression d'être les derniers êtres libres sur Terre. Ninja Theory fait ainsi du scénario de Enslaved une sorte de fable aux réflexions écologiques et humaines. Parfaitement maîtrisée, la narration est un exemple du genre. Enfin, sans vous spoilier, la toute fin du jeu divise les masses. Pour ma part, je l'ai trouvée intelligente bien qu'en légère contradiction avec le reste du jeu. Qu'à cela ne tienne, l'histoire reste savoureuse, et il serait bien dommage de s'en priver.
Côté technique, Enslaved est plutôt beau dans l'ensemble. Comme je vous le disais plus haut, on sent que l'accent a été mis sur les protagonistes dont les animations aussi faciales que corporelles sont criantes de réalisme. Et si le character design divise une fois encore, il faut lui reconnaître une certaine originalité et encore une fois, une vraie maîtrise. Les décors ne sont pas en reste avec des détails qui fourmillent de tous les côtés et une diversité évidente : de l'avion en perdition, en passant par la jungle, les déserts ou les rivières, on sent que les petits gars de Ninja Theory ont fait en sorte que le tout forme un ensemble cohérent et il faut avouer que ça marche. Si on est dépaysé au fil des chapitres de l'aventure, aucun décor ne semble sortir de nulle-part. Dommage que certains défauts de l'UnReal Engine, comme l'affichage tardifs de certaines textures, subsistent. Rien de bien grave au demeurant, mais il fallait le souligner.
Là où on peut légitimement être déçu, c'est sur le gameplay trop indécis du soft. On sent que le développeurs ont voulu rendre leur jeu accessible pour les phases de plateforme avec une gestion des sauts assistés, mais finalement appréciable au vu de certains angles de caméra mal choisis, et une surbrillance des éléments avec lesquels Monkey peut interagir. Évidemment, les puristes crieront au scandale mais il faut avouer que ces phases de jeu se révèlent au final agréables et donnent lieu à certaines scènes visuellement impressionnantes.
De même, les interactions avec Trip, qui nous accompagnent tout au long du soft, sont plutôt bien pensées. À la manière d'Ico, il ne sera pas rare de devoir débarrasser une zone de ses ennemis afin d'ouvrir la voie à notre compagne de voyage ou de devoir la couvrir afin qu'elle relie un point A à un point B. Là où Ninja Theory a su innover, c'est en permettant à Trip de se défendre d'elle-même de courts instants, ou mieux, en lui demandant d'attirer l'attention de certains ennemis afin de nous permettre de nous faufiler entre eux afin de les dérouiller. Et c'est là que vont commencer les problèmes car si jusqu'ici tout est plutôt bien maîtrisé, il faut avouer que les combats auraient gagné à être moins brouillon.
En effet, si Monkey possède de nombreuses attaques et combos, à mains nues ou avec son bâton magique, au corps à corps comme à distance, la caméra est tellement mal gérée qu'on se contente par moment de marteler les boutons en espérant s’en sortir avant de pouvoir se mettre à l'écart pour recadrer l'angle de vue. Si on s'accommode assez vite de ce petit souci, il nous fera tout de même pester lors de scènes un plus ardues.
Par ailleurs, bien que les phases d'infiltration apportent un peu de fraîcheur, on réalise rapidement qu'il est presque impossible de ne pas se faire repérer et de voir débouler des hordes d'adversaires. Dès lors, on a tendance à privilégier l'approche « bourrine» afin de ne pas perdre de temps. Si rien n'est réellement gênant avec l'habitude, on aurait aimé un peu plus de rigueur sur ces points de gameplay.
Au final, il serait dommage de passer à côté d'Enslaved. Tantôt enchanteur, tantôt explosif, le jeu propose une véritable expérience vidéo ludique à qui saura lui pardonner ses maigres défauts. Reste qu'avec sa durée de vie un peu faiblarde, compter environ six heures en ligne droite, et certains passages un peu mous, le dernier né de Ninja Theory laisse un je-ne-sais-quoi de déception une fois achevé. Heureusement, la collecte des différents artéfacts des niveaux nous donne une bonne occasion de remettre la galette dans la console, et à bien y regarder, ce n'est déjà pas si mal.
Test rédigé par xghosts
|
Graphismes 8/10 |
À part quelques soucis de textures qui s'affichent en retard, le jeu |
|
Son 7/10 |
Si les musiques et les doublages sont de très bonnes factures, |
|
Scénario 8/10 |
Le conte du voyage vers l'occident est magnifiquement revisité. |
|
Gameplay 7/10 |
Là encore, si les phases de plateformes, de shoot ou de vol en |
|
Durée de vie 6/10 |
Six heures, même si c'est dans la norme des jeux de cette |
|
Note finale 8/10 |
Loin d'être un jeu parfait, Enslaved a tout de même de nombreuses |
Avec Enslaved : Odyssey to the West, j'ai passé un agréable moment et pris énormément de plaisir à traverser les chapîtres afin d'aider Monkey et Trip à atteindre leur but. Cela faisait un petit moment maintenant que je n'avais plus fait face à un jeu d'action/plateforme de cette qualité. Ce soft brille par sa qualité graphique, les level et character design, ainsi qu'un gameplay aux petits oignons très simple à prendre en main. L'univers de déchéance du genre humain y est originalement transcrit, et par moment il faut bien avouer que les amateurs d'Uncharted, Tomb Raider ou dans une moindre mesure Prince of Persia y trouveront certainement leur bonheur. Les plus conquis auront des regrets quant à la faible durée de vie initiale du soft mais nous pourrons nous tourner vers le DLC les yeux fermés ou encore reprendre l'aventure au niveau de difficulté supérieure.
